« Une seconde vie »

François Jullien, philosophe, écrit dans son ouvrage « une seconde vie » (édition Grasset) une très belle illustration de l’aspect philosophique mis en oeuvre dans le travail d’accompagnement que je vous propose.

« Cette seconde vie ne peut être que cette vie-ci, dès lors qu’il n’est pas d’autre vie, en même temps qu’elle s’en dissocie suffisamment, en se prolongeant, de sorte qu’un nouveau départ puisse s’esquisser : que quelque chose de notre vie puisse se rejouer. Et même de sorte que, dans son déroulement même, notre vie puisse accoucher d’une nouvelle vie qui, par distance prise d’avec la précédente, c’est-à-dire en fait en s’écartant de la vie ordinaire, de son ornière, est une vie qui peut enfin débuter.

C’est-à-dire qui commence d’être choisie à partir de ce qui s’y est laissé déjà discerner. Cette seconde vie est une vie promue où nous commençons enfin d’exister.

Cela donc sans qu’intervienne de Coupure proclamée, sans grand évènement qui serait surgi de l’extérieur ni conversion. (…) Cette seconde vie procède de l’immanence même de la vie, mais d’une vie qui s’est à ce point élaborée, s’est réfléchie et devient concertée, que quelque chose qui la restreignait encore, de soi-même, peu à peu s’est tranché ; qu’une décision sourdement a mûri, s’est étoffée, s’est confortée, sur laquelle on pourra de mieux en mieux se caler pour se détacher quelque peu de soi-même, de l’adhésivité à son passé, et réengager sa vie.

Discrètement notre vie se repense, se relance, élague dans ses investissements, dégage de nouveaux possibles, jusqu’à ce qu’on puisse, un jour, capitalisant ces torsions secrètes, acquérir suffisamment de recul pour commencer de réenvisager globalement sa vie et la réorienter : la délester de ce qui l’encombrait, la désamarrer de ce qui la retenait arrimée, confinée, « encalminée » à quai – et lui donner un nouveau départ. »

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